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Santé mentale

Gestion des émotions et santé mentale

Un diagnostic de cancer est un événement traumatique pour les patients et leur famille. C’est un choc. Vous pourriez ressentir des émotions désagréables, tels que de l’anxiété, de la colère, de la frustration ou du découragement…

Cette situation peut vous amener à vous poser des questions :

  • Les émotions que je ressens sont-elles normales ?
  • Comment savoir si je suis en détresse psychologique, en dépression ?
  • Comment parler de la maladie à mes proches ? À qui en parler ?
  • Quelle attitude adopter avec des enfants ?

Ces émotions sont normales, mais elles peuvent parfois perturber votre niveau de fonctionnement et votre qualité de vie. Nous parlons alors d’une détresse psychologique.

Détresse psychologique :

La détresse psychologique est considérée comme un signe vital de votre santé. Nous lui accordons une attention particulière au même titre que votre poids, votre pression sanguine ou votre température. C’est pourquoi, nous évaluons régulièrement le niveau de détresse psychologique des patients et leur besoins psychosociaux à l’aide du questionnaire : Outil de Dépistage de la Détresse (ODD).

L’ODD nous permet de mieux identifier vos besoins de l’instant présent. Il est aussi important pour nous qu’une radiographie de vos poumons ou qu’une prise de sang car il nous renseigne sur votre état physique et psychologique actuel. Il nous permet alors de vous diriger adéquatement vers les professionnels de notre équipe qui seront en mesure de vous aider.
Le Thermomètre de détresse

Qu’est-ce que le thermomètre de détresse?

Que ce soit à l’annonce du diagnostic d’un cancer ou lors d’une visite de suivi, chaque personne vit différemment ces moments. Certaines personnes ne ressentiront pas nécessairement le besoin d’une aide additionnelle tandis que pour d’autres, l’intervention spécialisée sera nécessaire pour un cheminement optimal afin de vivre, malgré tout, une meilleure expérience globale du cancer.

Le thermomètre de détresse permet à vous-même et au professionnel de bien identifier vos besoins de l’instant présent. C’est pour cette raison que nous vous remettrons régulièrement un formulaire à compléter.

Cet outil (le thermomètre) permet de mesurer la détresse et, pour les professionnels de la santé, l’évaluation de la détresse est aussi importante qu’une radiographie de vos poumons, qu’une prise de sang ou bien, la prise de signes vitaux (pression, température, etc.)

 

Cancer et dépression

La dépression est l’une des maladies les plus fréquentes au Canada. Nous sommes tous sujets à ressentir des symptômes de dépression à un certain moment de notre existence.

Recevoir un diagnostic de cancer est un des événements les plus menaçant et stressant que l’on puisse vivre et affecte de multiples aspects de la vie d’une personne (vie familiale, travail, activités sociales, changements de l’image de soi…).

À l’annonce d’une mauvaise nouvelle, il est normal de ressentir de l’anxiété, de la frustration, de la colère, de l’incertitude, du découragement. Les changements d’humeur et la tristesse font partie de l’expérience normale de la maladie, mais la dépression détériore la qualité de vie et perturbe l’adaptation à la maladie.

50 % des personnes atteintes de cancer décrivent des difficultés émotionnelles sous différentes formes : adaptation difficile, insomnie, anxiété, humeur triste.

Les personnes qui vivent déjà ou ont vécu des difficultés émotionnelles importantes avant un diagnostic de cancer, qui ont vécu des pertes récentes ou dont un proche est décédé du cancer doivent être plus vigilantes sur les signes de dépression car elles sont plus à risque.

Les principaux symptômes physiques pouvant survenir durant un traitement de chimiothérapie ou de radiothérapie sont : fatigue, perte d’énergie, perte de poids, douleur, tristesse, sueurs nocturnes, insomnies, perte de cheveux…

Comment savoir si ces symptômes sont reliés à la maladie et/ou aux traitements ou s’ils sont le reflet d’une dépression ?

Il est important de retenir que si ces émotions persistent pendant quelques semaines, augmentent et/ou commencent à nuire aux activités quotidiennes, il pourrait s'agir alors d'une dépression qui nécessiterait probablement une consultation avec un intervenant qualifié.

Quels sont les signes qui peuvent m’indiquer que je suis en dépression?

  • Ressentir de la tristesse, une sensation de vide, pleurer ou être irritable, impatient ou agressif, et ce, à plusieurs reprises au cours de la journée ; négliger son apparence.
  • Avoir perdu de l'intérêt pour toutes ou presque toutes les activités aimées habituellement.
  • Éprouver des problèmes de sommeil, dormir trop ou pas assez; se sentir fatigué au réveil ; s’isoler des gens, être renfermé, replié sur soi.
  • Manger beaucoup moins et quelques fois beaucoup plus ; prendre ou perdre beaucoup de poids sans faire de régime.
  • Ressentir continuellement de la fatigue, être pessimiste, ne voir que le côté négatif, ne plus avoir d’énergie.
  • Ne pas s'aimer et déprécier ce que l'on fait. Sentiment d’être dépassé non seulement par la maladie mais par la vie en général.
  • Ressentir une difficulté de concentration et ceci même lorsqu'il s'agit de choses simples.
  • Penser à la mort ou exprimer des idées suicidaires.

Les personnes atteintes de cancer ont de multiples besoins et les aidants naturels doivent apprendre à gérer des demandes inhabituelles et nouvelles (gestion de la médication, des traitements, fournir un support émotif et affectif, assister les intervenants en santé…).

Il a été démontré que la dépression a un impact négatif sur la qualité de vie et qu’elle influence la capacité d’une personne à faire face à la maladie. Apporter de l’aide et du soutien au patient et aux personnes de son entourage leur permet de faire face au stress causé par cette épreuve.

Il est donc important de dépister rapidement tout signe ou symptôme de dépression. Il ne faut pas hésiter à en discuter avec l’infirmière pivot qui pourra aider ou référer selon les besoins.

 

Comment en parler à ses proches

Il n’est pas facile d’annoncer son cancer. Ce moment peut être vécu comme une épreuve supplémentaire :

  • La peur de ne pas trouver les mots ;
  • La peur de craquer ;
  • La peur de faire du mal à ceux que l’on aime…

Pourtant, il peut être avantageux à bien des égards de parler du cancer quand on se sent prêt à le faire et quand on sait à qui on souhaite l’annoncer.

Plusieurs témoignages de personnes ayant annoncé leur diagnostic à leurs proches ont dit avoir ressenti une libération du fardeau de la maladie. La peine partagée est moins difficile à supporter car la personne atteinte du cancer peut parler plus aisément de sa maladie avec les personnes qu’elle aura choisies. Ce partage permet aux proches d’accompagner la personne atteinte du cancer.

Cependant, il arrive parfois que l’on préfère taire cette annonce dans les premiers temps lors de la prise en charge médicale, car on désire protéger les personnes qui nous sont chères. Toutefois, derrière ce besoin de protection, on peut aussi se demander qui protège qui ? Souvent, on ne parle pas de la maladie afin de se protéger soi-même des questions embarrassantes en lien avec l’avenir, de la peur que la maladie occupe trop de place. Il y a également cette peur de perdre notre position dans la famille ou encore, de voir dans le regard des autres la perception d’être une personne malade, vulnérable.

 

À qui dois-je le dire ?

Vous pouvez le dire à toutes les personnes significatives pour vous et à tous ceux qui seront touchés directement ou indirectement par les conséquences de la maladie. Il faut vous attendre à différentes réactions de la part de vos proches. Certains seront très touchés alors que d’autres vous sembleront distants. Selon leurs capacités, certaines personnes seront en mesure de vous accompagner dans ce cheminement particulier de votre vie. D’autres ne pourront pas supporter la maladie et se sentiront incapable de vous accompagner. Ceux-ci préfèreront même ne plus donner de nouvelles ou vous éviteront. Enfin, il est aussi possible que certaines personnes ne répondent pas à vos besoins et que vous sentiez le besoin de les tenir à l’écart. Respectez-vous et exprimez clairement vos besoins. Ne rien dire est souvent bien pire que la plus mauvaise des communications.

 

Quand de jeunes enfants sont concernés, quelle attitude adopter ?

Selon plusieurs spécialistes, la transparence est la meilleure approche avec les enfants car ceux-ci ressentent rapidement le malaise vécu chez leurs parents. Lorsque les parents sont perturbés, l’enfant perçoit l’inconfort et ainsi, le secret semble toujours plus menaçant que la vérité, même quand celle-ci s’avère très dure.

Ce qui est important, c’est d’expliquer et de toujours mettre des mots sur ce qu’ils sont en train de vivre. Selon l’âge, les enfants ne voient pas les choses de la même manière que les adultes. Ils ont souvent des questions très précises, comme par exemple : « pourquoi maman n’a plus de cheveux ? Pourquoi elle est fatiguée». Il faut être attentifs à ne répondre qu’aux questionnements de l’enfant et ne pas en dire plus qu’il ne le désire ou qu’il n’est capable de comprendre.

C’est pourquoi il est recommandé de nommer un adulte qui soit significatif à l’enfant. Un adulte qui l’accompagnera au moment de l’annonce du diagnostic ou au cours des visites à l’hôpital.

L’adulte peut faire parti ou non de la cellule familiale mais il doit avoir la confiance de l’enfant pour que celui-ci puisse s’y raccrocher et également se confier plus facilement.

« Confiez-vous à votre infirmière pivot. Elle analysera vos besoins formulés et vous dirigera vers le professionnel qui saura répondre à vos besoins »

Liens utiles:

Faire face au cancer: Guide de la Société Canadienne du Cancer

Exercice de cohérence cardiaque (sans musique)*

Exercice de cohérence cardiaque (avec musique)*

*Durée de 5 minutes à pratiquer trois fois par jour. Sur internet il existe une multitude de vidéos de cohérence cardiaque avec ou sans musique.