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Découvertes et innovations

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DES PIONNIERS DANS L’ÉTUDE DES EFFETS PULMONAIRES DE LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE

La cigarette électronique est un système permettant de vaporiser une solution contenant de la nicotine et des saveurs et est généralement perçue comme sécuritaire. Son utilisation a en effet explosé de façon prodigieuse au cours des dernières années; le Canada et le Québec n’ayant pas été épargnés. Un sondage canadien estimait à plus d’un demi-million le nombre d’utilisateurs de cigarette électronique en 2013 à l’intérieur d’un marché mondial de plus de six milliards de dollars en 2014. Cependant, la croissance de l’utilisation de la cigarette électronique est inversement proportionnelle aux connaissances de ses effets sur la santé pulmonaire. Sans être trop alarmistes, plusieurs comparent la présente période de la cigarette électronique à l’âge doré du tabagisme des années 40 et 50, où le bâtonnet de tabac était perçu comme inoffensif; les années de recherche et d’épidémiologies ayant clairement démontrées le contraire. 

Afin de pallier à ce vide de connaissances objectives, malheureusement souvent comblé par des croyances plutôt subjectives et une mise en marché très agressive, l’équipe du Dr Mathieu Morissette, en étroite collaboration avec les équipes des Drs Louis-Philippe Boulet et Caroline Duchaine, a entamé l’étude des effets pulmonaires de la cigarette électronique. Elle a construit un des premiers systèmes d’exposition animale aux vapeurs de cigarette électronique en plus d’initier des études sur des volontaires sains. Ces travaux ont pu démontrer que, bien que n’ayant pas d’effets importants sur les fonctions pulmonaires lors d’utilisation aigüe (1 h), les vapeurs de cigarette électronique modifient le rythme circadien pulmonaire ainsi que la réponse à la fumée de cigarette de tabac. Puisqu’environ 70 % des utilisateurs de cigarette électronique sont également des fumeurs actifs, appelés doubles utilisateurs, ces travaux laissent croire que ce phénomène pourrait être problématique à long terme. 

Les équipes des Drs Morissette, Boulet et Duchaine poursuivent leurs recherches, notamment en collaboration avec des chercheurs de Santé Canada, afin de prévoir les problèmes pulmonaires potentiels liés à l’utilisation de la cigarette électronique ce qui, ultimement, pourrait mener à une utilisation dans un cadre sécuritaire basé sur des données scientifiques et objectives.

Photo : Mathieu C. Morissette, Ph. D.

Prévenir

PERCÉE SCIENTIFIQUE SUR L’ASPECT GÉNÉTIQUE DES MALADIES CARDIOVASCULAIRES

L’équipe du Dr Benoit Arsenault a publié au cours de la dernière année une importante étude qui indique que les habitudes de vie peuvent avoir un impact majeur sur le risque de maladies cardiovasculaires, même chez certains individus qui auraient des facteurs de risque génétiques des maladies cardiovasculaires.

 Pour ce faire, l’équipe du Dr Arsenault a cherché à déterminer si les facteurs liés au mode de vie (tabagisme, activité physique, saine alimentation et obésité) pouvaient influencer le risque de maladies cardiovasculaires chez les patients ayant des concentrations sanguines élevées de lipoprotéine(a), identifié comme l’un des facteurs génétiques les plus importants des maladies cardiovasculaires. Réalisée en compagnie de plusieurs collaborateurs internationaux et menée sur plus de 14 000 participants, cette étude a permis de découvrir que l’adoption de saines habitudes de vie pourrait permettre de réduire jusqu’à 70 % les risques de maladies cardiovasculaires chez les patients ayant un taux de lipoprotéine(a) élevé. Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Atherosclerosis. Selon les plus récentes données, près de 20 % de la population a des concentrations sanguines élevées de lipoprotéine(a), une lipoprotéine en circulation sanguine qui se compose d’une particule de LDL (aussi connu sous le nom « mauvais cholestérol ») qui est fusionnée avec une autre protéine appelée apolipoprotéine (a). Ces individus auraient un risque cardiovasculaire qui serait de deux à quatre fois plus élevé que celui des individus avec des taux faibles de lipoprotéine(a). 

Bien que certains perçoivent que peu de choses peuvent être faites en matière de prévention chez les patients ayant des prédispositions génétiques aux maladies cardiovasculaires, les résultats de cette étude confirment qu’ils ont maintenant la possibilité d’agir concrètement pour diminuer leur risque de développer ces maladies. En effet, ils pourraient influencer positivement leur santé en adoptant une alimentation saine, en augmentant leurs niveaux d’activité physique, en ne fumant pas et en ayant un indice de masse corporelle idéal. Rappelons que les maladies cardiovasculaires sont encore aujourd’hui une des principales causes de décès chez les Canadiens. Certains facteurs peuvent augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, dont le tabagisme, le cholestérol sanguin, l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, la sédentarité, la mauvaise alimentation et l’obésité abdominale. La recherche dans le domaine de la cardiologie à l’Institut s’intéresse de plus en plus aux aspects génétiques et environnementaux dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

 Les travaux du Dr Arsenault sont financés en partie par la Fondation IUCPQ. Ces octrois lui ont donné le levier nécessaire à l’obtention de financement externe pour pouvoir lancer une étude qui ciblera certaines familles de la région afin de mieux comprendre les aspects génétiques des maladies cardiovasculaires. Ses projets de recherche actuels se concentrent également sur la compréhension des mécanismes par lesquels la lipoprotéine(a) causerait les maladies cardiovasculaires et sur l’identification de nouvelles options thérapeutiques pour réduire la lipoprotéine(a) chez des patients à haut risque cardiovasculaire.

Photo : Benoît Arsenault, Ph. D.

Guérir

LA CHIRURGIE BARIATRIQUE EN CONSTANTE ÉVOLUTION

L’augmentation de la prévalence d’obésité observée dans plusieurs parties du monde a été abondamment documentée dans les médias et la presse scientifique au cours des dernières décennies. Les prédictions les plus récentes indiquent qu’en 2025, la prévalence d’obésité chez l’adulte se situera autour de 26-29 % chez les hommes et les femmes au Canada. Face à une telle progression du nombre de personnes atteintes d’obésité, la communauté scientifique et médicale a manifesté un intérêt croissant pour la compréhension, la prévention et le traitement de cette condition et des maladies métaboliques qui y sont fréquemment associées. Bien que les approches ciblant les habitudes de vie doivent conserver une importance primordiale dans l’arsenal des traitements disponibles pour réduire le fardeau de l’obésité et des maladies métaboliques, celles-ci s’avèrent relativement inefficaces pour une partie de la population. C’est le cas en particulier des individus atteints d’obésité sévère et de maladies métaboliques bien établies. Il est maintenant reconnu que l’option chirurgicale peut représenter pour ces individus, une option de choix qui, la plupart du temps, amènera une perte de poids substantielle et une résolution récurrente des comorbidités.

L’équipe de chirurgie bariatrique de l’Institut a une longue tradition de recherche scientifique visant à documenter les effets des approches chirurgicales de perte de poids, en particulier la dérivation biliopancréatique avec commutation duodénale, une chirurgie perfectionnée à l’Institut et pour laquelle l’équipe du Centre de recherche a développé une expertise reconnue mondialement. Les pratiques chirurgicales et les recherches sur la chirurgie bariatrique sont toutefois en constante évolution. Le nombre d’opérations bariatriques réalisées dans le monde a non seulement augmenté rapidement au cours des quinze dernières années, mais le type d’intervention préféré par les chirurgiens et leurs patients a également beaucoup changé. La gastrectomie pariétale a maintenant devancé en nombre la dérivation gastrique en Y de Roux dans plusieurs régions du monde. De plus, les recherches sur les diverses approches chirurgicales ont progressé, amenant des découvertes qui ont affiné notre compréhension des mécanismes sous-jacents de la réponse à ces chirurgies, certains dépendants et d’autres indépendants de la perte de poids. Cependant, beaucoup de travaux doivent être encore réalisés afin d’identifier les déterminants de la réponse chirurgicale et les moyens de choisir la meilleure approche pour chacun des patients.

L’étude REMISSION, présentement en cours au Centre de recherche de l’Institut, s’attaque directement à ces questions. Le sigle REMISSION correspond à « Reaching Enduring Metabolic Improvements by Selecting Surgical Interventions in Obese Individuals ». Les Drs André Tchernof, Laurent Biertho et Denis Richard sont les cochercheurs principaux de ce projet qui vise à étudier les déterminants du rétablissement métabolique à la suite de la gastrectomie pariétale, la dérivation gastrique et la dérivation biliopancréatique avec commutation duodénale chez les patients et les modèles animaux pertinents. La recherche cible trois axes principaux : 1) le métabolisme; 2) le microbiote intestinal; et 3) les interactions intestin-cerveau. Elle est basée sur deux noyaux structurels qui fourniront des données cliniques, des échantillons biologiques et des modèles animaux. L’équipe de recherche de ce projet collaboratif comprend plusieurs chercheurs du Canada œuvrant dans trois provinces et huit universités ou centres de recherche, de même que des collaborateurs aux États-Unis et en Europe. Les travaux réalisés en chirurgie bariatrique au Centre de recherche de l’Institut ont une influence significative sur la pratique médicale dans ce domaine. Ils apportent d’une part des soins à une population qui en a grandement besoin, mais ils améliorent également notre compréhension des phénomènes causant la perte de poids et la guérison métabolique suite à la chirurgie. 

Photo : Laurent Biertho, M.D. et André Tchernof, Ph. D.

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