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Découvertes et innovations

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DES CHERCHEURS DÉMONTRENT POUR LA PREMIÈRE FOIS QUE LE VIRUS DE LA GASTRO-ENTÉRITE PEUT SE PROPAGER DANS L’AIR

Les norovirus sont responsables d’au moins 50 % des épidémies de gastro-entérite dans le monde entier. Ce virus peut infecter l’humain par l’intermédiaire de plusieurs voies, y compris le contact direct avec une personne infectée, les matières fécales ou les vomissures, et le contact avec des surfaces contaminées. Bien que le norovirus soit un agent pathogène intestinal, une hypothèse veut que les aérosols peuvent, en cas d’inhalation, atteindre le pharynx et être déglutis subséquemment. L’équipe de Caroline Duchaine (Laetitia Bonifait, Marc Veillette, Nathalie Turgeon, Rémi Charlebois) a voulu étudier la présence de ce virus dont les conséquences sont si difficiles à contrôler dans l’air de milieux de soins afin de mieux comprendre les potentielles voies de transmission. Ils ont aussi procédé, grâce à des systèmes d’aérosolisation en laboratoire, à l’étude de sa résistance aux stress. Cela a été fait en utilisant un norovirus de souris comme agent simulant puisque le norovirus humain ne peut pas, jusqu’à maintenant, être cultivé en laboratoire.

Un total de 48 échantillons d’air ont été prélevés lors d’éclosions de norovirus dans huit établissements de santé. Des échantillons d’air ont été pris à environ un mètre de chaque patient, en face de la chambre du patient et à la station des infirmières. Le norovirus a été détecté dans six des huit centres de soins, 47 % des échantillons étaient positifs et les concentrations de virus atteignaient 2 300 par mètre cube d’air. Cette étude a aussi démontré que ce virus résiste très bien à l’aérosolisation, ce qui nous porte à croire qu’il était encore infectieux lorsqu’aérosolisé. Cette étude, qui a attiré l’attention de centaines d’organismes à travers le monde, a été citée lors de l’European Congress on Clinical Microbiology and Infectious Diseases (ECCMID) comme l’une des cinq études les plus importantes en prévention de l’infection. L’équipe de Caroline Duchaine étudie présentement des approches visant à détruire ce virus lorsqu’il est présent dans l’air et développe aussi des approches afin d’étudier la propagation de la gastro-entérite par les aérosols chez les animaux.

Caroline Duchaine, Ph. D.

Prévenir

COMMENT FAIRE MIEUX? L’EXPÉRIENCE QUÉBÉCOISE EN PROMOTION DES SAINES HABITUDES DE VIE ET EN PRÉVENTION DE L’OBÉSITÉ : 50 PISTES D’ACTIONS POUR AMÉLIORER LA SANTÉ DE LA POPULATION

Depuis de nombreuses années, la prévention des maladies chroniques sociétales est une priorité à l’Institut. Lancée en 2012, la Plateforme d’évaluation en prévention de l’obésité (PEPO) s’associe à ces efforts. Autour de chercheurs spécialisés en épidémiologie, en santé publique, en aménagement du territoire et en communication, notre équipe se concentre sur l’évaluation de politiques, de programmes et d’interventions faisant la promotion de l’activité physique et d’une saine alimentation au Québec. Si l’adoption de saines habitudes de vie est essentielle dès le plus jeune âge, en pratique, cela demeure un défi. Selon différentes enquêtes réalisées ces dernières années, environ 40 % des enfants et 60 % des adolescents n’atteindraient pas le niveau d’activité physique de loisir hebdomadaire recommandé, et les deux tiers des adolescents ne consommeraient pas le nombre minimum de portions de fruits et légumes recommandées par jour.

Face à la situation, le Québec a déployé de nombreux efforts au cours des dernières années. Mais alors que le Plan d’action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids est arrivé à son terme en 2012, que le partenariat entre le Gouvernement et Québec en Forme arrive à échéance en 2017 et qu’un nouveau Programme national de santé publique a récemment vu le jour, comment le Québec pourrait-il faire mieux? Ainsi, le projet « Comment faire mieux? » a été proposé par la PEPO et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) en 2014 pour tenter d’éclairer les parties prenantes. D’une part, il visait à comparer le portrait macroscopique (2006-2014) des initiatives québécoises de promotion de l’activité physique, d’une saine alimentation, et de prévention de l’obésité aux recommandations scientifiques internationales. D’autre part, un processus délibératif ayant réuni pendant deux jours une vingtaine d’acteurs impliqués dans l’élaboration, la mise en oeuvre ou l’évaluation d’interventions a permis de tenir compte des besoins et des opportunités spécifiques au contexte québécois.

Cinquante pistes pour « faire mieux », dont douze « incontournables », ont été réunies dans un ouvrage paru en avril 2016. Elles proposent notamment de tirer profit de la vague de rénovations à venir dans les écoles du Québec pour développer des infrastructures plus propices à des repas conviviaux et à la pratique d’activité physique. Elles soulignent également que les révisions en cours des orientations gouvernementales en matière d’aménagement du territoire sont une occasion à saisir pour stimuler à grande échelle l’adoption de schémas et de plans favorisant l’activité physique sportive et récréative ainsi que le transport actif. Il y est aussi notamment question d’un meilleur suivi de la qualité nutritionnelle des aliments et des boissons, d’une sensibilisation à la saine alimentation à partir de repères simples et positifs, d’un renforcement du temps d’activité physique sur le temps scolaire et périscolaire, et de bien d’autres propositions d’intérêt.

Le livre complet et son résumé sont disponibles à : IUCPQ.qc.ca/comment-faire-mieux. Nous remercions chaleureusement tous les partenaires et collaborateurs de ce projet, et nous espérons que ces résultats seront inspirants à différents paliers et dans une diversité de milieux.

Yann Le Bodo, M. Sc.

Guérir

MIEUX COMBATTRE LA STÉNOSE AORTIQUE

Les maladies valvulaires cardiaques (MVC) touchent environ 800 000 Canadiens (2,5 % de la population). Elles sont responsables d’environ 2 500 décès et 15 000 chirurgies et autres procédures cardiaques par année au Canada. Contrastant avec l’ampleur du problème, les mécanismes des MVC demeurent encore largement inconnus et aucun traitement médical n’est actuellement disponible pour ces maladies. La sténose aortique (SA), la MVC la plus fréquente, est une maladie progressive qui conduit à la calcification et au rétrécissement de la valve aortique. Une fois que la SA devient sévère et que le patient développe des symptômes, le seul traitement actuellement disponible est de remplacer la valve aortique par une prothèse valvulaire.

Au cours des 20 dernières années, le Dr Philippe Pibarot a établi au Centre de recherche de l’Institut un vaste programme de recherche multidisciplinaire qui vise à développer de nouvelles technologies et pharmacothérapies afin d’améliorer le diagnostic, la prévention et le traitement des patients atteints de sténose aortique. Les découvertes issues de ce programme ont déjà eu plusieurs répercussions importantes sur la pratique médicale à travers le monde.

En collaboration avec plusieurs chercheurs à l’Institut incluant les Drs Patrick Mathieu, Yohan Bossé, Benoit Arsenault et Jean-Pierre Després, le Dr Pibarot effectue des études allant de la cellule au patient afin d’élucider les mécanismes impliqués dans le rétrécissement de la valve aortique. Le but ultime est de développer et ensuite de tester de nouveaux médicaments visant à ralentir la progression de cette maladie et ainsi éviter des procédures de remplacement valvulaire aortique. À cet effet, l’équipe du Dr Pibarot a été la première à établir le lien entre l’obésité abdominale et la sténose aortique. Cette découverte a ouvert des pistes prometteuses pour la prévention et le traitement médical de cette maladie. Actuellement, les chercheurs de l’Institut concentrent leurs efforts sur la liproprotéine (a) qui, selon des découvertes récentes, jouerait un rôle clé dans le développement de la sténose aortique. Un essai clinique dirigé par le Dr Pibarot et son équipe débutera bientôt dans plusieurs pays à travers le monde afin d’établir l’efficacité d’un médicament réduisant le taux sanguin de la lipoprotéine (a) pour ralentir la progression de la sténose aortique.

En collaboration avec plusieurs chercheurs de l’Institut, dont les Drs Jean Dumesnil, Marie-Annick Clavel, Éric Larose, Jonathan Beaudoin, Marie Arsenault, Mathieu Bernier et Kim O’Connor, le Dr Pibarot a conduit des recherches qui ont mené à des avancées importantes sur le diagnostic de la sténose aortique. En particulier, cette équipe a mis en évidence une forme atypique de la sténose aortique, « la sténose aortique à bas débit paradoxal » dont la sévérité était auparavant largement sous-estimée, conduisant ainsi à une sous-utilisation du traitement et donc à une altération du pronostic.

À l’heure actuelle, le remplacement valvulaire aortique demeure le seul traitement disponible pour la sténose aortique. À cet effet, la recherche du Dr Pibarot a contribué à l’établissement de nouvelles stratégies pour sélectionner le type et la taille de prothèses valvulaires les plus appropriés pour un patient donné et ainsi assurer un résultat optimal du remplacement valvulaire. En collaboration avec les Drs Josep Rodés-Cabau, François Dagenais et Éric Dumont, le Dr Pibarot investigue actuellement de nouvelles procédures moins invasives afin d’implanter des prothèses valvulaires par un cathéter inséré dans une artère. Cette nouvelle technologie constitue une révolution pour le traitement de la SA et le groupe de recherche à l’Institut est considéré comme l’un des meilleurs groupes au monde dans ce domaine. À cet égard, le Dr Pibarot a établi à l’Institut un laboratoire central d’échocardiographie qui évalue de façon standardisée les examens d’échocardiographies obtenus dans plus de 50 hôpitaux à travers le monde dans le cadre d’essais cliniques visant à évaluer l’efficacité et la sécurité de cette nouvelle technologie.

Philippe Pibarot,
DVM, Ph. D., FAHA, FACC, FESC, FASE

 

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